Le vin en Israël
Par Wine Atlas, dimanche 05 juin 2005 :: Vin - Israel :: #19 :: rss

Longtemps, le vin israélien n’a pas eu très bonne réputation. Dans l’Antiquité déjà , le vin produit dans la région, exporté vers l’Egypte, devait être assaisonné avec du miel et du poivre. Sous l’empire romain, il est décrit comme très épais et très doux. Finalement, l’époque musulmane qui s’étale du VIIe au XIXe siècle, avec l’interdiction de produire du vin durant ces douze siècles, aura eu le mérite d’arrêter cette industrie… Avec l’aide du Baron de Rotschield, du vin casher fut produit en Israël dès 1870. Malheureusement, il était lui aussi trop doux et trop brut pour plaire aux connaisseurs. Jusque dans les années soixante, le vin israélien a eu cette mauvaise réputation auprès des amateurs éclairés.
Depuis, les choses ont bien changé et Israël est présente sur la carte du monde des vins. Les connaisseurs savent que certains vins peuvent se comparer sans rougir aux meilleurs californiens ou australiens, ainsi qu’à certains châteaux français réputés, qu’il soit fruité ou sec. Une des raisons possibles de ce changement, c’est que les israéliens voyageant à l’étranger se sont rendus compte que le vin pouvait avoir une autre valeur que simplement cérémonielle. De jeunes vignerons formés aux méthodes californiennes ont ainsi révolutionné les vignobles du Golan, malgré une corporation statique. Les exploitants se voient maintenant offrir plus d’argent pour du raisin plus acide et plus sucré, et les grappes considérées comme inférieures à la norme sont simplement refusées.
Les vignobles du Golan ont aussi été les premiers à réaliser que des cépages tels que le Grenache, le Syrah ou le Carignan ne s’acclimataient pas très bien, et les ont remplacés avec succès par du Cabernet Sauvignon, du Merlot, du Sauvignon Blanc, du Chardonnay, du Pinot Noir et du Riesling Blanc. Dès 1984, leur Cabernet Sauvignon se distingua par une médaille d’or à l’ International Wine and Spirit Competition. A ce jour, ce vignoble appartenant aux kibboutzim et aux mochavim de la région, est le seul au monde a avoir gagné le Chairman's Award for Excellence à Vinexpo en trois différentes occasions. Par contagion, il existe maintenant plusieurs vignobles de haute qualité en Israël.
Mentionnons les vins Carmel-Mizrakhi qui sont les plus connus. Aussi anciens que la présence Juive en terre d’Israël, cette coopérative contrôlait jusqu’à peu 90% du marché. Encore aujourd’hui, leur part représente 50% et ils produisent des séries spéciales de très grande qualité, notamment les Chardonnay et Cabernet Sauvignon Private Collection qui sont parmi les meilleurs au monde.
En ce qui concerne la consommation de vin en Israël, elle est traditionnellement basse. Si on compare avec les 60 litres annuels par personne en France, Espagne ou Italie ; ou même aux 11 litres annuels des américains, les israéliens ne boivent que 6 litres de vin par an! Mais c’est déjà plus que les 3.9 litres avec lesquels ils plafonnaient entre 1948 et les années 80. Cette hausse va de pair avec une exigence de qualité toujours accrue, et l’ouverture de boutiques spécialisées important également les meilleurs vins du monde entier, ce qui ne manque pas de pousser les vignobles locaux à faire toujours mieux.
Sources bibliographiques : http://www.rogovsisrael.com/i_wine.html Site de Daniel Rogov, érudit sur la question du vin en Israël, ou vous trouverez une liste quasi-exhaustive des vignobles avec une critique des crus. Les photos sont une courtoisie de http://www.golanwines.co.il.
Alexandre Cagli
©RomanDuVin.ch 2005
Source : http://www.romanduvin.ch/